Découverte de Bundi et sortie des circuits touristiques

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Bundi, une ville encore assez peu visitée mais qui a tout pour plaire !

Bundi ne faisait pas partie de notre itinéraire initial dans le Rajasthan, mais c’est en voyant des photos sur internet des fameux puits (« stepwells ») que nous en sommes venus à ajouter cette ville à notre liste. De plus, cette ville semblait encore assez délaissée par les touristes et comporte pourtant beaucoup de belles choses à voir : une occasion parfaite pour se reposer du bruit constant des grandes villes d’Inde tout en découvrant de nouvelles choses.

 

Nous arrivons à Bundi depuis Udaïpur assez tard le soir après 5h de train (vers 23h). N’ayant pas réservé d’endroit pour dormir une fois de plus, nous croisons les doigts pour que la GuestHouse que nous avions repérée sur TripAdvisor ait encore de la place… Heureusement pour nous ça sera bien le cas, et nous n’aurons même pas à trop batailler pour négocier les prix et faire passer la chambre de 800 INR à 500 INR (l’état de fatigue de notre hôte à cette heure-ci aura peut être joué en notre faveur).  La Guest House « Daulat Niwas » est sympa et familiale. Assez bon rapport qualité/prix selon nous, bien que celle-ci soit légèrement excentrée.

 

Le lendemain matin (ou plutôt midi le temps de faire le check-in pas fait la veille ET de faire la grasse matinée) nous commençons par notre rituel : manger ! Direction « Tom and Jerry’s », un sympa petit restaurant avec une carte variée allant de spécialités indiennes aux pizzas qui offre un très bon rapport qualité/prix. De plus l’accueil des 2 gérants (2 frères) est vraiment sympa ET leurs crêpes sont à tomber par terre (celle au Nutella me fera replonger dans l’addiction et m’obligera à entamer de presque 1/4 le mini pot de réserve…). Nous y retournerons 3 fois lors de notre séjour à Bundi, c’est dire si on a apprécié ! Petit fait marrant : comme dans beaucoup de restaurants dans la ville, la terrasse est entourée de barrière en bambous pour empêcher les singes (nombreux dans la ville !) de venir chaparder dans les assiettes des clients.

 

 

Visite du « Green Market », une après-midi hors des sentiers battus

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Ranji-ki-baori
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Stepwell de Dhabhai Kund

Ensuite, direction le Ranji-ki-Baori, un des plus imposants puits de la ville (dixit le guide du routard). Certes c’est magnifique, mais on en a vite faire le tour et nous avons trouvé que 250 INR pour ça, c’est cher payé… Surtout qu’en faisant le tour sans rentrer dedans, il doit être possible d’en avoir tout de même un bon aperçu.

Nous enchaînons alors avec un 2ème stepwell, celui de Dhabhai Kund. Assez ressemblant à celui de Jodhpur, l’eau en moins et les détritus en plus. Nous y faisons la rencontre de Catherine, une belge flamande en voyage pour 3 mois en Inde toute seule (et c’est son 9ème voyage dans ce pays !). Dans le même temps, un habitant de la ville vient à notre rencontre et commence à nous parler de sa ville et de ses puits. Assez content de nous voir et de parler avec nous, il nous incite alors à visiter le « Green Market » de la ville. Un peu méfiants, nous décidons tout de même d’écouter ses conseils et de suivre tous les 3 (avec Catherine) le chemin que celui-ci nous indique.

Arrivés là-bas, nous retrouvons notre « accompagnateur », surgit de nul part, qui nous y a rejoint en moto. Nous tenons à bien lui préciser que nous ne voulons pas de guide, et que nous ne lui donnerons pas d’argent. Pas de soucis pour lui, il dit juste apprécier la compagnie des touristes afin de leur faire découvrir sa ville. Mouais… on reste un peu méfiants et nous nous mettons d’accord qu’à la moindre entourloupe nous lui fausserons compagnie.

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Au « Green Market » de Bundi. Travailleurs prenant la pose !

Nous découvrons alors le « Green Market » : immense entrepôt où sacs de riz et de maïs se remplissent et s’empilent avant d’être chargés dans des camions. Tout cela grâce aux efforts d’un grand nombre d’hommes, femmes, vieillards et enfants qui chargent pendant toute la journée ces sacs de 60 kg sur leurs dos… Autant dire que ça change des circuits touristiques et des palais de Maharajahs… Pourtant, tous semblent très contents de nous voir, et rapidement un grand cercle se forme autour de nous 3. Les questions fusent (« d’où venez-vous? », greenmarket_bundi« comment vous appelez-vous », « quel est le prénom de ton père?« ) et en voyant nos appareils photos, tous veulent être pris en photo avec leurs outils de travail, et sont ensuite très fiers de voir leur image à l’écran ! Une dame me prendra même mes lunettes pour poser avec devant l’objectif, toute contente du résultat final :). Pendant ce temps, Florian prendra un cours de remplissage de sac de riz avec les hommes.

 

En ressortant, nous nous retrouvons à nouveau alpagués par notre « guide ». Il veut nous faire voir cette fois-ci l’autre partie de l’entrepôt où les dromadaires sont utilisés pour transporter les denrées. Pauvres bêtes, celles-ci n’ont pas l’air d’être dans un très bon état et font un peu de peine à voir avec les « rennes » directement accrochées au museau… C’est aussi la période de reproduction des dromadaires et nous aurons ainsi le droit à une tentative de drague (comprendre chez un dromadaire : gonflage de la langue et hurlements rauques… sexy!). Florian apprendra cette fois-ci à coudre un sac de riz plein avec une aiguille de 10cm de long, le tout sous le regard amusé des enfants. Lorsque Catherine demande alors au « guide » pourquoi les enfants ne sont pas à l’école, ce dernier nous répond qu’ils n’en ont pas besoin et que ce sont déjà des businessmen puisqu’ils revendent au marché les bouteilles en plastique trouvées dans la rue pour le recyclage… Une bien triste façon de voir les choses…

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« Chaï » en bord de route

 

Nous repartons finalement en direction du centre-ville après une pause « chaï » au bord de la route et la visite d’un dernier puits (la ville en contiendrait plus de 64, nous nous sommes limités à 3). Au final, notre guide ne nous aura rien réclamé et nous proposait bien ses services par pur gentillesse. Comme quoi des fois à trop être méfiants, nous aurions pu passer à côté de belles découvertes.

 

 

Visite du Garh Palace et fin du séjour à Bundi

Le lendemain, nous commençons notre journée par un brunch au bord du lac de la ville, puis entamons notre montée au « Garh Palace ». La ville étant assez peu fréquentée par les touristes, nous ne sommes pas nombreux sur le site. Nous croisons la route de Catherine qui vient de finir la visite alors que nous l’entamons. Celle-ci nous conseille alors de demander à un des gardiens la permission d’entrer dans une des salles du palais, habituellement fermée à clés. Une très bonne idée puisque nous y découvrirons de superbes peintures murales encore d’origines (la salle est fermée à clés pour y éviter de trop nombreux allers et venus). Le reste du palais est tout aussi beau : l’endroit n’ayant pas encore été envahi par les touristes, tout y est encore authentique et presque intact. garh_palace_bundiLe fort est en effet laissé à l’abandon, comprendre qu’il n’est pas rénové. Les couleurs des peintures murales sont flamboyantes et nous apprécions énormément la visite.  

En sortant, nous hésitons à poursuivre la visite avec celle du Fort surplombant le palace et la ville. L’entrée de ce dernier se faisant par une petite garh_palace_bundi_2porte de bois cassée le long d’un chemin non balisé nous hésitons un peu, pas sûrs que cela soit la bonne direction. Un jeune homme soit disant vendeur de billet nous donnera encore plus envie de rebrousser chemin : foulard sur le visage et écouteurs dans les oreilles, on sent l’arnaque et nous ne préférons pas tenter le coup. Au pire, nous avons encore une journée de plus à Bundi le lendemain. En redescendant au guichet, nous parlerons de l’énergumène au vendeur de billets qui nous confirmera que celui-ci s’occupe en effet des entrées du fort… Un peu étrange cette affaire tout de même… Nous n’aurons jamais le fin mot de l’histoire.

 

A la sortie, nous faisons halte dans la boutique d’un artisan réalisant de belles peintures sur papier de soie. Cela sera la seule fois de notre séjour en Inde où nous trouverons les articles vraiment authentiques et où nous craquerons même en rapportant un petit souvenir dans nos bagages. Avis aux amateurs : leur lassi au safran fait-maison est délicieux et à seulement 50 INR (la boutique est celle se situant juste dans la descente avant la sortie du palace) !garh_palace_bundi_3

 

Le soir après manger, petit stop chez « Krishna’s Chaï » dans la rue principale. Le gérant, Krishna, prépare les chaïs juste devant nos yeux et le résultat est délicieux ! Ceux-ci sont assez épicés mais trop bons :).  Nous prendrons nos petits thés en compagnie de deux  motards australiens en périple en moto au Rajasthan pour 3 semaines. Et pas avec n’importe quelles motos, la légendaire marque indienne « Royal Enfield », svp ! La classe ;). Bien que notre discussion ait été brève, ceux-ci tiendront à nous payer nos chaïs par pure gentillesse. Trop gentils ces voyageurs :).

 

Notre dernière journée à Bundi ne sera finalement pas si active que ça… Un peu malades (quelque chose n’est pas passé la veille, mais impossible de savoir quoi !) et assez fatigués, nous choisissons de nous reposer un peu et surtout de prendre du temps pour peaufiner notre itinéraire en Birmanie. Ce n’est pas tout, mais l’Inde c’est bientôt fini !

Nous avons bien apprécié nos 3 jours à Bundi : la ville était plus petite, moins bruyante et plus « conviviale » que d’habitude. En revanche c’est toujours aussi sale : d’ailleurs les porcs ont envahi la ville, on les voit partout ! Assez surprenant aussi : tout le monde nous disait tout le temps « Hello » à tout bout de champ dans cette ville ! Parfois par gentillesse, souvent par intérêt, et d’autres fois par une sorte de curiosité un peu étrange à notre égard…

 

 

Dernière épreuve : le train de nuit en Sleeper Class !

Notre train pour Agra part de Bundi ce soir là à 17h40. C’est parti pour 12h de train pour faire… 360 km ! Et le pire c’est que ce temps de trajet est prévu : le train est juste « un peu » lent. Nous avions gardé le meilleur pour la fin : l’épreuve de la mort qui tue !

Déjà ça commence mal : quelqu’un s’est installé sur nos couchettes. On bataille un peu pour récupérer nos places, mais vu ce qui nous attend pas grave si on passe pour des râleurs (et puis de toute façon, on est français :p). Les couchettes sont divisés en 2 colonnes de trois rangées : en bas, au milieu et en haut. Nous sommes perchés tout en haut, tranquilles dans nos petits nids (enfin ça c’est ce qu’on croit au début!). Le problème c’est qu’en Inde, le bruit ça ne les dérange ABSOLUMENT PAS ! Les odeurs et la saleté non plus apparemment…. Du coup toute la nuit c’est le boxon total : à croire qu’ils ne dorment jamais !

Petit extrait de ce que j’ai écrit dans notre super carnet de route (merci les copains !!) aux alentours de 23h pour illustrer ces propos :

 

« 23h11 : Nous sommes installés en « Upper », tout en haut de la sleeper class. En face de nous, une jeune indienne aux mains recouvertes de hennés chantonne devant son téléphone. Dans le compartiment de gauche ça rigole, ça chante et ça s’interpelle dans tous les wagons en hurlant. Dans celui de droite, ça ronfle dur ! Ça sent les restes de nourriture, de chaï et d’urine (les toilettes sont un enfer pour l’odorat et embaument tout le wagon). Ambiance garantie, on a l’impression de revenir de colo ! Nos sacs en guise de coussins, nos oreillers de voyages sortis en complément, Florian lit « Le Tour du monde en 80 jours » et moi je me fais bercer par la musique des Bollywood et le ronronnement du train en imaginant la merveille qui nous attend après-demain à Agra! »

 

A cette heure-ci ça passait encore et l’ambiance « colo » était assez marrante. Sauf qu’au milieu de la nuit, les ronfleurs et les chanteurs ce n’est pas la berceuse idéale… Quand on a froid, qu’on dort 2h tout habillés, sans draps sur une banquette sale et dans un train qui pue l’urine, on apprécie plus vraiment les festivités…

C’est donc un peu excédés et fatigués que nous arrivons à 06h du matin à Agra sous la pluie et dans le froid.

 

Et vous connaissez la loi de Murphy ? Et bien les galères ne sont pas finies en arrivant à Agra… Mais la suite sera pour le prochain épisode ! Teasing de fouuu 😉 !

 

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Coin pratique

1 euros ~ 72 INR

 

Entrée Ranji-ki-Baori: 250 INR par personne (contre les 70 annoncés par le petit routard!! Grrr), mais le prix n’est pas justifié selon nous…

Entrée Garh Palace: 250 INR par personne.

 

GuestHouses:

Daulat Niwas : 1500 INR les 3 nuits. Sympathique GuestHouse familiale. Bon rapport qualité/prix.

 

Restaurants:

Tom and Jerry’s: au risque de se répéter : testez leurs crêpes !! ^^

Krishna’s Chaï: le meilleur de notre séjour :). 20 INR le chaï.

 

 

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