Le trek W du Torres del Paine

Du 11/10/17 au 18/10/17

 

Ou plutôt devrait-on dire, le Torres del « Pain » ? (Paine… Pain… Douleur en anglais…). Bon ok… j’exagère un peu. Ceci dit, ces 4 jours de trek n’ont pas toujours été une partie de plaisir, et on en a parfois bien bavé, même si au final nous sommes tous HYPER contents de l’avoir fait, et surtout de l’avoir réussi !! Tout de suite, le récit de nos 4 jours (5 la base et 4 au final), ainsi que des éléments pratiques sur nos préparatifs.

 

Préparation à Puerto Natales

Puerto Natales

4/5 jours de trek, ça ne s’improvise pas comme ça. Afin de tout préparer le mieux possible, nous avions donc décidé d’être quelques jours en avance à Puerto Natales. Située à 1h30 de route du parc national, c’est dans cette ville que logent tous les randonneurs avant et après leur trek. Tout dans la ville est fait pour les randonneurs : magasin de location de matériel, vente de nourriture lyophilisée, laveries, organisations d’excursions à la journée… On sent bien que l’attraction principale du coin est le parc national !

Après notre nuit dans la voiture en provenance d’Ushuaïa, nous arrivons vers 07h du matin en ville, tous les 4 un peu KO (surtout Florian et Yohann qui ont conduit toute la nuit). Ayant fait le tour de pas mal d’auberges et hôtels, nous jetons notre dévolu sur l’Hostal Picada de Carlitos, le seul acceptant de nous recevoir à une heure si matinale (pour les autres, nous devions attendre 14h pour faire le check-in). Les prix des chambres sont assez élevés, mais nous réussissons tout de même à négocier 2 chambres avec salle de bain privées pour le même prix qu’une auberge standard. Nous avons même droit de prendre le petit déjeuner dès notre arrivée. Jackpot ! Une petite sieste s’avère ensuite nécessaire pour tout le monde, puis nous partons faire nos premiers repérages en ville. Pour les prochaines 24h, nous finalisons nos réservations, notre itinéraire de trek, louons les bâtons de marche (qui seront de précieux alliés pendant 5 jours !), et surtout, nous faisons un plein de course et planifions nos repas pour tous les jours à venir. Comme nous allons devoir porter tout ce que nous mangerons, nous nous lançons dans de savants calculs de rapport qualité nutritive/encombrement/prix/poids.

La nourriture allant nous prendre une majeure partie de l’espace et du poids de nos sacs, nous avons dû limiter au maximum les affaires prises avec nous pendant 5 jours. L’avantage étant qu’au fil des jours et de la nourriture consommée, le poids de nos sacs devrait diminuer. Voici donc un petit récapitulatif de ce que nous avons emporté pendant ce trek :

Niveau matériel :

  • 2 tentes (portées par les hommes)
  • 1 sac de couchage température de confort 0°C et 1 matelas de sol chacun
  • 1 ou 2 tee shirt/pantalons de rechange pour se mettre au sec
  • Un savon + serviette
  • Les ustensiles de cuisine (réchaud, bouteille de gaz, casseroles pliables, assiettes, couverts)
  • 1 doudoune/polaire et 1 imperméable
  • 1 paire de bâtons de marche chacun
  • Les appareils photos + GoPro

 

Niveau nourriture :

  • Pour les repas du soir: pâtes + sauce tomate + pomme et/ou biscuits en dessert
  • Pour les repas du midi: tortillas que nous remplirons de tranches de fromage/jambon/tomate/salade + fruits en dessert
  • Pour les petits déjeuners: céréales de type mueslis (sans lait) et jus de fruit déshydratés
  • Pour les petits en-cas: fruits secs, barres céréales, cookies…
  • 1L d’eau chacun, que nous remplirons dès que possible dans les refuges ou les rivières (l’eau provenant directement des glaciers, elle est potable partout dans le parc).
  • 2 paquets de nouilles chinoises « au cas où »

 

L’itinéraire

La plupart des randonneurs venant dans le parc national du Torres del Paine ont pour objectif de faire le fameux trek W. Celui-ci dure 4 à 5 jours, et tient son nom de sa forme… en W. Il est possible de faire aussi le trek du O et du Q (plus longs, et souvent fermés en hiver), ainsi que des randos à la journée depuis Puerto Natales.

Un superbe schéma Paint

Il y a encore seulement 1 ou 2 ans, il était possible de venir trekker dans le parc sans rien réserver à l’avance. Depuis peu, la CONAF (l’organisme gérant tous les parcs nationaux du Chili), à obliger les randonneurs à réserver à l’avance leurs hébergements dans le parc afin d’éviter une trop grosse fréquentation du parc, notamment en période de haute saison. Il est donc bien souvent conseillé de réserver ses emplacements de camping avec de l’avance, ces derniers pouvant être assez vite full.

Pour se loger dans le parc, il y a 3 solutions (le camping sauvage est strictement interdit) :

  • Les campings gratuits de la CONAF. Actuellement, sur le parcours du trek W, il n’y en a plus qu’un d’ouvert à environ mi-parcours. On les réserve directement sur le site de la CONAF (la résa est obligatoire).
  • Les campings payants où l’on peut camper avec sa propre tente. Ils sont au nombre de 4 sur le W, et sont régis par les sociétés Fantastico Sur (pour la partie Est du parc) et Vertice (pour la partie Ouest). Là aussi la réservation est obligatoire sur leurs sites internet respectifs ou par mail.
  • Les « Full-board » de Fantastico Sur, incluant la nuit et tous les repas, pour un prix souvent assez exorbitant. Dans les campings Vertice, il est aussi possible de dormir en dortoir sans prendre le full-board.

On peut commencer le trek depuis le côté est ou ouest, sachant que dans le 2 cas sur le côté ouest, nous avions pour obligation de prendre le catamaran traversant le lac Péhoé pour rejoindre le début du trek (le chemin accessible à pied était fermé).

 

Voici notre itinéraire prévu initialement pour nos 5 jours de trek :

  • Jour 1 : catamaran + marche depuis Paine Grande jusqu’au camping Grey
  • Jour 2 : marche dans les alentours du glacier puis redescente jusqu’au camping Paine Grande
  • Jour 3 : marche jusqu’au camping Italiano + A/R dans la vallée Francés
  • Jour 4 : trajet jusqu’au camping Las Torres
  • Jour 5 : A/R vers les Torres + retour à Puerto Natales

Place à un peu moins d’infos pratiques et un peu plus de récit !

 

Jour 1 : Catamaran + marche de Paine Grande au Glacier Grey (11km)

Vendredi 13 octobre (un bon jour donc !), nous commençons cette fameuse randonnée que nous attendions depuis longtemps ! Comme nous avions choisi de commencer le trek par l’ouest, nous devons respecter un timing assez précis afin d’attraper le catamaran de 11h à l’ouest. Nous quittons donc Puerto Natales assez tôt afin de faire les 1h30 de route qui nous sépare du parc. Sur le chemin, nous apercevons déjà les Torres au loin, quelle chance ! Nous garons la voiture à la fin de la randonnée (de cette façon, nous pourrons la récupérer directement au bout des 5 jours quand nous aurons fini la marche), attrapons la navette qui passe à 10H au poste de contrôle à côté du parking, et qui nous dépose 30min plus tard au catamaran.

On se bat contre le vent !

Après 30min de navigation sur un lac plutôt agité (nous ne pouvons d’ailleurs pas du tout profiter du paysage à cause d’un épais brouillard), nous arrivons au camping Paine Grande. Les choses sérieuses commencent ! Notre but est de rejoindre le refuge Grey, à 4h de marche, où nous avons prévu de passer la nuit. Nous commençons à marcher sous la pluie, et nous nous retrouvons assez vite trempés. On avait prévu les vêtements imperméables, mais pas pour les pantalons et les chaussures… La première moitié se fait en montant, et on ne sait plus trop si nous sommes trempés de pluie ou de sueur (oui, dis comme ça c’est dégueu). Au bout d’une heure, nous faisons une petite pause pic-nic à l’abri sous des arbres. En 20min, nous nous refroidissons complétement et nous commençons à avoir très froid : il est temps de vite repartir ! En plus de la pluie, le vent s’invite également à la fête. Ça souffle très fort, et même avec nos bâtons qui nous aident à garder l’équilibre, certaines rafales nous déportent complètement (l’une d’entre elles me fera carrément tomber dans un bosquet…). Les paysages ont l’air d’être superbes, mais le mauvais temps et le brouillard nous empêchent de voir quoique ce soit. De toute façon, nous sommes bien trop concentrés à marcher sous la pluie et le vent pour vraiment admirer le paysage. Nous apercevons tout de même des morceaux d’iceberg flottant dans un lac… on s’approche du glacier !! Au bout de 5h de marche (au lieu de 4), nous arrivons enfin au refuge Grey.

Nous plantons nos tentes dans une forêt, un peu à l’abri du vent et de la pluie. Une fois installés, nous profitons d’être dans un camping payant (et donc avec installations), pour aller prendre une bonne douche chaude bien méritée (manque de pot pour eux, chez les hommes 2 cabines sur 3 sont en maintenance et  ce ne sera qu’un filet d’eau tiède bien méritée qui les attend dans la dernière) !  Le refuge est assez bien aménagé avec une grande salle équipée de fauteuils, de tables et… d’une cheminée ! Après avoir mangé nos pâtes dans la salle réservée à la cuisine des campeurs, nous retournons dans cet espace commun afin d’essayer de faire sécher nos affaires trempées de la journée. Nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée, et la scène en devient assez marrante : des dizaines de paires de chaussures trainent sous le poêle, et nous sommes 5 ou 6 à nous tenir devant, chaussettes/pantalons/tee-shirt en main pour tout faire sécher. Les chaussures n’auront pas eu le temps de sécher, mais nous aurons au moins réussi à rendre nos habits un peu mois humides.

Notre première nuit est plutôt bonne : nous n’avons eu qu’un peu froid et ne sentons pas vraiment le vent.

 

 

Jour 2 : marche vers le glacier Grey  + redescente à Paine Grande – 18 km

Le glacier Grey
Le pont suspendu

A notre arrivée hier, nous n’avions pas vraiment eu le temps d’aller voir le glacier Grey.  Nous profitons donc de pouvoir laisser nos affaires au camping pour nous en rapprocher le plus possible dans la matinée. Quel bonheur de pouvoir marcher sans les gros sacs ! Le mirador se trouve à seulement 10 min à pied du refuge, et offre déjà une superbe vue sur le glacier. Nous décidons ensuite de continuer un peu plus loin afin de nous en approcher un peu plus. 1h de marche plus tard, nous arrivons au niveau d’un très grand pont suspendu ! C’est impressionnant et mieux vaut ne pas avoir trop peur du vide… De là, la vue sur le glacier est encore plus belle, et on peut encore mieux se rendre compte de son étendu. La météo n’est toujours pas au beau fixe, mais au moins il ne pleut pas et il n’y a plus de brouillard, ce qui nous permet de pouvoir admirer les paysages qui nous entourent.  Nous continuons 30 min jusqu’à un 2ème mirador (en théorie fermé… mais c’était si proche de nous… on ne pouvait pas rater ça), puis faisons demi-tour jusqu’au refuge. Nous y récupérons nos gros sacs, en profitons pour manger nos tortillas-sandwichs, puis reprenons le chemin inverse de la veille afin de redescendre au camping Paine Grande.

Cette fois-ci, la vue sur les alentours est bien dégagée, ce qui nous permet d’admirer les beaux paysages autour de nous. Le vent est toujours bien présent, mais au moins il ne pleut pas ! Nous sommes bien contents de pouvoir enfin voir toutes ces montagnes que nous n’avions pas pu voir la veille !

Nous arrivons au camping Paine Grande vers 17h, au bout de 4h de marche. Nous ne perdons pas de temps et allons installer directement nos tentes. Cette fois-ci, la zone de camping est beaucoup moins protégée du vent et de la pluie. Nous essayons tant bien que mal de trouver un coin un peu abrité, mais ça n’est pas gagné. Heureusement, nous finissons d’installer tout à temps, juste avant que la pluie ne commence. Après un nouveau repas de pâtes et une partie de cartes, nous allons tous les 4 nous coucher. Mine de rien, les courbatures des 2 derniers jours commencent à se faire ressentir et nous sommes tous assez fatigués.

 

Jour 3 : Paine Grande -> Italiano + changement de programme – 26,1km

Camping Paine Grande

Malheureusement, la nuit ne s’avérera pas du tout réparatrice : la pluie n’a pas cessé de tomber, et le très fort vent nous a réveillé à chaque nouvelle bourrasque (à cause du bruit, mais aussi parce que Florian se prenait constamment la paroi de la tente dans la tête !).  A notre réveil, Florian et moi avons également la grande joie de découvrir qu’une énorme flaque s’est formée sous notre tente pendant la nuit, trempant même nos affaires à l’intérieur de la tente. Pendant le petit déjeuner, nous essayons tant bien que mal de tout faire sécher dans la salle commune (qui se transforme en étendoir géant… apparemment nous ne sommes pas les seuls à avoir subi pendant la nuit !), mais en vain. Tout est trempé, il pleut, il fait froid, et nous prenons tous les 4 un sacré coup au moral. D’autant plus que la journée ne s’annonce pas top d’un point de vue météo et que les perspectives de la prochaine nuit ne sont pas géniales : camping gratuit donc pas de douche ou d’espace pour cuisiner à l’abri des intempéries. Il faudra que nous allions chercher des forces loiiiin au fond de nous pour nous remotiver à reprendre la route, vers 10h30 du matin.

De jolis points de vue sur la route

Au final, il n’aurait pas été très utile de faire sécher nos affaires : à peine 20min après être partis nous sommes de nouveau trempés ! Les fortes pluies de la nuit ont fait déborder les cours d’eau et ont inondés les sentiers. Après quelques tentatives d’esquive pour garder les pieds au sec, on abandonne vite : nous n’avons souvent pas d’autres choix que de traverser à pied les cours d’eau. Et autant dire que l’eau qui provient des glaciers, c’est froid ! Nous profitons tout de même de l’effet « combinaison de plongée » : l’eau dans les chaussures à tendance à se réchauffer au bout d’un moment… avant que tout ceci ne s’annule au prochain cours d’eau ! Après l’eau, ce sont des marres de boues que nous devons traverser… Miam la gadoue dans les chaussures ! Au final, nous abandonnons vite l’idée de vouloir garder nos pieds au sec. Foutu pour foutu, autant éviter de perdre du temps à essayer de faire des détours pour esquiver les cours d’eau et les flaques de boue.

Vers 12h30, nous arrivons au camping Italiano, le camping gratuit de la CONAF. Ici, comme nous l’imaginions, aucune installation pour se mettre au sec, et le terrain est inondé : il est quasiment impossible de trouver un endroit où mettre nos tentes au sec. Autant dire qu’après la nuit qu’on vient de passer, nous n’avons pas trop envie de réitérer l’expérience. Surtout que là nous n’aurons que nos tentes pour nous mettre à l’abri (et comme celles-ci sont trempées, ça ne fait pas vraiment rêver).

Initialement, nous étions censés planter nos tentes ici, laisser nos sacs, et profiter de l’après-midi pour aller faire l’aller-retour jusqu’à la vallée Francés. Sauf que là, nous ne nous sommes pas du tout sentis chauds pour un tel programme (d’autant plus que nous apprendrons le soir même que la vallée était fermée à cause des intempéries, nous n’avons donc rien loupé !). Après discussion avec le garde forestier du camping, celui-ci nous dit que nous pouvons toujours tenter d’aller jusqu’au camping Chileno, 3h de marche plus loin, où nous pourrons dormir au chaud dans un dortoir sans avoir réservé (nous sommes toujours en basse saison et au final les campings ne sont pas pleins du tout). Nous choisissons donc de lui faire confiance, motivés par la perspective d’une nuit au chaud et au sec pour se remettre d’aplomb !

Nous passons à nouveau 3h les pieds dans l’eau (avec un passage de 2km carrément en descendant un cours d’eau), mais avec quelques éclaircies bien appréciables qui nous permettent de profiter du beau paysage. On imagine tout ça sous un grand soleil : ça doit être vraiment magnifique et très agréable ! Aux alentours de 16h30, nous arrivons au fameux camping Chileno. En effet il est possible de rester dormir ici, mais sous sa propre tente, et uniquement en pension complète, pour la modique somme de…. 80 euros par personne !! 80 euros, pour dormir sous sa tente, dehors sous la pluie, c’est hors de question ! Nous essayons alors de négocier : nous souhaitons juste planter nos tentes dans un coin pour passer la nuit, sans pour autant devoir prendre la pension complète. Mais c’est un refus catégorique que nous recevons : la dame du refuge refuse de nous laisser dormir ici si nous ne payons pas le prix indiqué (dit elle en sirotant un petit chocolat chaud). D’après elle nous n’avons que 2 solutions : faire demi-tour et retourner au camping gratuit de la CONAF, ou continuer encore 4h30 de marche jusqu’au prochain camping. La première option est démoralisante : faire 3h de marche en sens inverse, pour ensuite le refaire le lendemain, c’est inenvisageable. La deuxième option quant à elle s’avère très compliqué : il fait nuit à 20h30, et nous n’aurons jamais le temps d’arriver à temps au prochain camping, d’autant plus que nous sommes vraiment épuisés physiquement. Nous essayons à nouveau de négocier pour pouvoir dormir dans le coin, mais apparemment le personnel du camping n’en avait pas grand-chose à faire de notre problème, et cela semblait même les amuser…. Nous sommes en galère, nous voulons juste dormir, et ça les amuse…. ça commence à bouillir au fond de nous, et le temps passe : nous devons prendre une décision rapidement.

Malgré la fatigue et le risque de devoir marcher sous la nuit, nous optons donc pour la 2ème solution : on trace jusqu’au prochain camping, celui où nous étions censés dormir pour notre dernière nuit de trek. Nous essayerons de trouver une place en dortoir, un endroit pour poser notre tente, ou au pire : nous dormirons dans la voiture qui n’est garée pas très loin.

On réorganise les sacs pour délester ceux dont les douleurs musculaires deviennent gênantes, on se remotive comme on peut et c’est reparti : il est 17h, nous avons 11,6km de marche à faire, et nous devons essayer d’arriver avant la nuit. Autant dire que nous n’avons pas du tout profité de cette partie du trajet. Nous nous sommes mis en mode robot, avec un seul but en tête : avancer le plus vite possible. En y repensant, je ne sais toujours pas où nous avons trouvé la motivation nécessaire pour avancer à une telle vitesse avec un moral aussi bas, mais toujours est-il que nous avons fini par réussir : nous sommes arrivés au dernier camping « Las Torres » juste avant la nuit !! Au lieu des 4h30 annoncés sur les cartes, nous avons fait cette partie du trajet en 3h30 !

Nous nous renseignons tout de même sur la possibilité de dormir en dortoir : c’est possible, mais cela nous coûtera 80 euros par personne, encore une fois… Tant pis pour la nuit au sec, on replante la tente ! Heureusement, le gérant du camping accepte de nous décaler notre réservation initiale (prévue normalement le lendemain) de manière à ce que nous ne la perdions pas. Sous une quasi-obscurité, on replante les tentes et on essaye de sécher l’intérieur avec du papier toilette comme on peut afin de dormir un minimum au sec. Après avoir pompé l’intégralité de l’eau chaude des douches communes (il faut bien qu’on en profite un peu), nous faisons un repas express sous nos tentes, et partons nous coucher pour notre dernière nuit du trek.

 

Jour 4 : Fin du trek et montée aux Torres ! 18,8km

Sur la montée des Torres

Pour notre dernier jour, nous souhaitions faire l’aller-retour jusqu’au Torres, l’apogée du trek W ! Mais avec la journée de la veille, nous sentons que nous avons besoin de nous reposer un peu si nous voulons profiter au maximum de cette dernière journée (qui s’avère en plus être la plus difficile physiquement avec de gros dénivelés). Nous décidons donc d’aller nous renseigner sur la possibilité de revenir dans le parc le lendemain, afin d’aller passer une journée et une nuit à Puerto Natales pour récupérer un peu. Et là, grosse déception : si nous sortons du parc, nous devrons repayer les droits d’entrée (assez élevés)… Demi-tour : finalement, nous finirons bien notre trek aujourd’hui ! C’est parti pour 10h de marche et 18,8km aller-retour, alors que l’on s’imaginait déjà au chaud sous une couette ^^.

Représentant de la gastronomie française aux Torres !

Nous laissons le maximum d’affaires dans la voiture afin d’être les plus légers possible et partons à l’attaque de ces fameuses Torres ! Les 4h d’aller se font exclusivement en montée, et nous sommes bien contents de ne plus avoir nos gros sacs sur le dos pour faire cette partie du trajet ! Pour nous récompenser, nous avons même le droit à un joli soleil dans l’après-midi. Enfin !! Le dernier kilomètre à parcourir avant d’arriver à la lagune est certainement le plus dur de tous : ça grimpe sec pendant 1km ! Vers 16h30, nous arrivons tous les 4 en haut. Quel bonheur de voir enfin apparaître cette lagune tant attendue !! A notre arrivée, les « Torres » sont dans le brouillard, mais notre déception de ne rien voir reste tout du même moins grande que notre fierté d’être arrivés au bout. Ok, on ne voit pas les tours, mais nous l’avons fait ! Pour fêter ça, Florian sort de son sac la bouteille de vin rouge qu’il trimballait avec lui depuis le début du trek. Et au moment du débouchage… le bouchon se casse ! S’en suit alors un magnifique fou rire nerveux : décidément nous aurons eu la poisse jusqu’au bout ! Finalement après un 2ème essai, la bouteille s’ouvre, et nous l’accompagnons d’un fromage « français » acheté à Puerto Natales. On fête notre victoire en bon français que nous sommes. Le vin rouge aura eu le mérite de nous réchauffer un peu (parce qu’entre temps, le soleil du matin a laissé place à la neige). Au bout d’une demi-heure, c’est le soulagement : le ciel se découvre un peu, nous permettant d’apercevoir quelques instants les fameuses Torres ! Certes ce n’est pas le meilleur temps que l’on puisse espérer, mais c’est déjà une grande victoire, et cela reste tout de même vraiment magnifique. De mon point de vue, un des plus beaux paysages de ma vie (sentiment certainement renforcé par toutes les épreuves que nous avons passé pour arriver ici !).

Après avoir tant galéré à arriver ici, c’est avec un petit pincement au cœur que nous nous décidons à redescendre. Il nous reste encore de la marche puis 1h30 de voiture, et nous n’avons pas de logement réservé à Puerto Natales pour la nuit. La descente ne nous prendra que 3h30 au lieu des 5h en montée. C’est assez fou de se dire que nous avons monté tout ça quelques heures plus tôt : la descente ne semble n’en plus finir !

A 19h30, nous sommes de retour à la voiture. Le trek W, c’est fini !! Nous avons tenu le coup jusqu’au bout, malgré les conditions climatiques pas toujours faciles et sûrement le manque d’équipements adaptés correspondants. Preuve que le mental fait une grosse partie du travail : malgré la fatigue physique, le froid et le poids de nos sacs, nous l’avons fait ! Nous sommes très fiers de nous, et nous nous souviendrons certainement de ces jours toute notre vie ! Avec du beau temps, ce trek doit offrir des paysages vraiment superbes, mais le hasard en a voulu autrement pour nous. Tant pis, nous n’y pouvons rien, c’était tout de même une superbe expérience !

Notre itinéraire final

 

Retour à Puerto Natales et hibernation

Nous arrivons à Puerto Natales le soir même sur les coups de 22H, et trouvons un dortoir pour 4 de libre à l’auberge Yagan House. De vrais lits, une bonne couette, un chauffage, des habits secs et une douche chaude : je pense que nous n’avons jamais autant apprécié ces petites choses simples de la vie que ce soir-là ! Croyez-nous : c’était le bonheur pur et simple !

Le lendemain, mis à part une petite sortie en ville, nous passons la journée à hiberner. On se repose, on se réchauffe, on récupère, on lave notre linge… Une journée de repos bien méritée. Le soir, nous fêtons la fin de notre trek autour d’un bon repas dans un restaurant de la ville. En 4 jours et 73,9Km de marche, cette fois c’est sûr :

Le trek W, WE DID IT !!!

 

 

Cet article est sponsorisé par les chansons « Sous le vent » de Céline Dion et Garou, « Le bleu lumière », de Vaiana et « J’veux du soleil » de Au P’Tit Bonheur. Pensée émue à ces chansons qui ne sont jamais sorties de nos têtes en 5 jours.

 

 

 

Coin pratique

1 euro ~ 740 Pesos Chiliens ~ 20 Pesos Argentins

 

Entrée au parc national du Torres del Paine : 21000 pesos par personne. Valable 3 jours si l’on sort du parc. En revanche si l’on ne sort pas, on peut rester dans le parc autant de temps que l’on souhaite.

Catamaran sur le lac Péhoé : 18000 pesos par personne. 30min de traversée. En basse saison, 2 bateaux par jour (11H, et 18H).

Navette entre l’entrée est et l’entrée ouest du parc : 5000 pesos par personne.

 

Logements :

A Puerto Natales :

  • Hostal Picada de Carlitos: 40.000 la nuit, négocié à 28.000 la chambre double avec salle de bain privée. Petit déjeuner inclus.
  • Auberge Yagan House : 15.000 par personne la nuit en dortoir négocié à 14.000 (y a pas de petites économies), petit déjeuner inclus (10.000 sans le petit déj).

Dans le parc :

  • Camping Grey : 16$US pour planter sa tente. Douche et salle commune. Salle à l’abri pour cuisiner (penser à prendre son réchaud).
  • Camping Paine Grande : 20$US, mêmes commodités que ci-dessus.
  • Camping Italiano : camping gratuit de la CONAF. Toilettes sèches mais rien d’autre sur place.
  • Camping Torres : 20.000 pesos la nuit pour planter sa tente. Douche chaude mais pas de salle commune pour cuisiner (il faut le faire dehors).


Restaurants :

Wild Hostel : bons burgers (avec option végétarienne). Notre repas d’avant trek J.

Kosten : resto un peu « gastro » de spécialité chilienne mais abordable. Très bon service, jolie vue et cadre de bistrot en bois très chaleureux

4 Responses

  1. Bravo à vous 4. Superbe récit que nous lisons au chaud. Mais que de péripéties, on vit avec vous ces moments merveilleux qui comme si bien dit, resteront gravés à jamais dans votre mémoire.
    Il y a effectivement une énergie insoupçonnable dans les moments difficiles
    Encore bravo, félicitations et bises à vous

  2. Finalement c’était facile, on va pas dire le contraire sinon comment je vais faire pour y aller avec maman……..
    Félicitations quand même.

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